Approche goethéenne de la nature

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L'approche goethéenne de la nature

Observer le vivant pour le comprendre et pour agir en respectant sa nature profonde, tel aura été un des leitmotivs de Goethe tout au long de sa vie. Que cela peut-il pouvoir signifier : une approche vivante, une pensée vivante ?

Nombreux sont ceux qui s’élèvent contre manipulation du vivant (manipulation génétique, clonage, etc.) car ils sentent que l’on transgresse certaines lois du vivant. Mais par contre les démarches scientifiques proposant une méthode rigoureuse adaptée au vivant et respectant son intégrité  restent rares. Souvent on demande à un comité d’éthique de décider. N’est–il pas possible de trouver une approche scientifique éthique en elle-même ? Goethe pensait cela possible et il a ouvert des pistes fécondes en ce sens. Il écrivait tout jeune à propos de l’étude des papillons épinglés dans les boites : « le pauvre animal palpite dans le filet et perd en se débattant ses plus belles couleurs et même si on réussit à l’attraper intact le voilà quand même pour finir épinglé rigide et sans vie ; le cadavre n’est pas la totalité de l’animal quelque chose d’autre en fait partie,… partie principale des plus principales : la vie(…). » Cela signifie que l’étude d’un être vivant passe par l’étude de la vie.

Un bref historique permettra de mieux comprendre l’importance et l'urgence de développer une approche que l’on peut qualifier de goethéenne. Jusqu’à la fin du Moyen-âge, les sciences de la nature qui s’appelaient alchimie, astrologie, médecin des signatures avaient une approche qualitative des forces et formes de la nature. A l’avènement de la Renaissance, les nouvelles sciences naturelles naissantes ont réduit la richesse, la profondeur de la nature à ses aspects quantitatifs (mesure, poids et nombre). Toutes les autres qualités (couleurs, odeurs, formes, etc.) ont été considérées comme purement subjectives, c’est à dire incapables de nous informer sur la nature véritable de la chose ou de l’être observé. L’approche scientifique dominante – il y avait encore des personnalités invitant à une science moins réductionniste comme Pic de la Mirandole - devint toujours plus matérialiste, mécaniste à tel point que De La Mettrie et Descartes réduisirent l’animal et même l’homme à une machine. Au tournant du XVIII au XIX siècle, en particulier dans les pays de langue allemande, se développa une science qui remit à l’honneur l’observation des phénomènes dans toute leur richesse, la Naturphilosophie. Un de ses plus grands noms est Goethe qui est l’auteur qui sert de fil conducteur à ce hors série. Autour de lui et à sa suite un certain nombre de scientifiques, poètes et philosophes développeront une école goethéenne. En France aussi certains grands biologistes seront proches des recherches de Goethe par certains aspects ; on peut citer Rousseau et Geoffroy St Hilaire par exemple.

Le positivisme, le darwinisme et le néo darwinisme triompheront ensuite mais ce courant « goethéen » a continué de se développer ainsi que des démarches proches comme celles des transcendentalistes aux États-unis (Emerson, Thoreau, etc.).

En 1884, le jeune Rudolf Steiner, futur fondateur de l’agriculture bio-dynamique, est chargé de publier l’œuvre scientifique de Goethe. Il approfondit cette approche et en décrit l’aspect méthodique dans plusieurs ouvrages sur lesquels il s’appuiera pour la suite de ses travaux.

A sa suite, un certain nombre de scientifiques, essentiellement dans les pays de langue allemande et anglaise, appliquèrent cette méthode à différents domaines des sciences : botanique, zoologie, géologie, anthropologie, optique, physique, etc.

Ces derniers temps on constate un regain d’intérêt pour l’approche de Goethe dans le cadre des nouveaux paradigmes scientifiques. Mais ce sont aussi les recherches récentes de la génétique qui viennent confirmer les travaux de Goethe sur la plante. De même, les travaux de Geoffroy St Hilaire avec sa recherche du « type animal » – recherche commune avec Goethe – et la thèse de Lamarck sur les caractères acquis ressortent de l’oubli car des recherches semblent confirmer la justesse de cette vision.

 

Présentation - la phénoménologie de la nature goethéenne

La Botanique goethéenne

Carnet d'adresses & Bibliographie

 

 

Extrait du dossier "De la graine à la plante" de C. Dumas dans la revue Pour la Science du mois de janvier 2000 : "S'il est naturel que les poètes s'inspirent des fleurs, il est plus rare que ces derniers formulent des théories scientifiques. En 1970, Johann Wolfgang von Goethe proposa une théorie de l'origine de la fleur, fondée sur la métamorphose des pièces végétatives (du grec meta, qui marque le changement, et morphê, forme), c'est-à-dire le passage progressif des feuilles en sépales, puis en pétales, en étamines et enfin en carpelles. Plusieurs observations ont conduit à son élaboration ou supportent cette théorie. (...) Les données de la biologie moléculaire issues de l'analyse de mutants du développement floral justifient aujourd'hui la théorie visionnaire de Goethe et conforte l'idée que "le poète à dit la vérité".

 


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